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Les troubles de l'image corporelle

Lucille est obsédée par son poids depuis de nombreuses années. Quand elle était plus jeune, son poids faisait à la fois l'objet de moqueries et de reproches de la part de son entourage. Aujourd'hui, Lucille est déprimée, et elle est persuadée qu'elle serait plus heureuse dans ses relations amoureuses, dans ses relations sociales, et dans la vie, en général, si elle pouvait perdre du poids. Elle attribue à son poids son sentiment d'échec et d'isolement, et sa peur d'être rejetée par les autres. Seule une perte de poids pourrait, selon elle, changer complètement sa vie et la rendre épanouie : rien n'ira jamais mieux sans ce changement morphologique. Lucille se sent coincée par cette idée, qui la rend impuissante à aller mieux, mais à laquelle n'arrive pas à renoncer.

Paul trouve que ses bras et ses jambes ne sont pas assez musclés. Il y pense en permanence, et il consacre chaque jour plusieurs heures à soulever des poids et à mesurer l'impact de cette activité sur le développement de ses membres. Récemment, il s'est blessé à l'épaule à force d'entraînement. Malgré la douleur, il ne parvient pas à respecter l'arrêt temporaire d'activité physique prescrit par le médecin. Bien que les autres ne semblent pas percevoir que son corps est 'disgracieux et ridicule', Paul s'entraîne seul chez lui, et non en salle, car il aurait honte de s'exposer au regard d'autrui. Pour cette même raison, il s'isole de plus en plus : il a perdu le contact avec la plupart de ses amis et il est convaincu qu'aucune fille ne voudra jamais sortir avec lui. Paul est profondément découragé : il ne parvient ni à ressembler à son idéal masculin, ni à renoncer à cet objectif, malgré les conséquences que le surentraînement entraîne peu à peu sur son bien-être physique et psychologique.

Depuis son accident de voiture, il y a deux ans, Jeanne déteste son apparence physique. Elle a le sentiment de ne plus se reconnaître, et elle pense que ses cicatrices l'empêchent d'être séduisante. Elle a consulté plusieurs chirurgiens esthétiques, mais aucun n'a donné une suite favorable à sa demande d'intervention. L'insatisfaction liée à son apparence l'a conduite progressivement à éviter de se regarder dans le miroir, à délaisser les activités qu'elle appréciait auparavant, et à rester le plus souvent seule chez elle. Cette inactivité a entraîné une prise de poids qui renforce encore son insatisfaction. Jeanne est très déprimée. Elle se sent prisonnière de son accident : elle a le sentiment que la personne qu'elle était auparavant a disparu dans cet accident, et elle se sent coupable de penser, par moments, qu'elle aurait préféré ne pas survivre.